SENSATIONS AU VOLANT
L'installation au poste de conduite est plutôt agréable, même si l'ergonomie semble davantage adaptée aux conducteurs ayant un buste de petite ou moyenne taille. En effet, lorsqu'on est un peu grand du buste, le volant, une fois abaissé, a tendance à masquer une partie des compteurs. Un petit défaut assez agaçant !
Les sièges Sport offrent un bon maintien et un confort appréciable. Le levier de vitesses tombe naturellement sous la main, tandis que le volant mériterait d'être positionné légèrement plus bas... si seulement cela ne gênait pas la lecture de l'instrumentation !
Le démarrage s'effectue à l'ancienne, avec une clé, et non avec un bouton. Le moteur s'éveille dans une sonorité plutôt classique et agréable, sans le fameux cliquetis caractéristique de certains moteurs à injection directe, comme les THP de Peugeot.
L'embrayage est assez ferme, sans pour autant devenir pénible au quotidien. Dès les premiers mètres, on découvre cependant le principal défaut de ce petit 1.4 Turbo : son manque de souplesse à très bas régime. Si l'on passe les deux premiers rapports trop tôt, le moteur devient creux, au point de parfois donner l'impression de brouter. Il faut clairement lui laisser prendre quelques tours !
Heureusement, la boîte manuelle à 6 rapports se montre agréable à utiliser. Les vitesses s'enclenchent avec précision, sans bruit parasite, et le pommeau offre une bonne prise en main.
Une fois lancé, notamment à partir du troisième rapport, le moteur révèle enfin son potentiel. Dès 2 500 tr/min, le couple devient bien présent et les accélérations sont franches jusqu'à environ 5 500 tr/min. Au-delà, inutile d'insister : le moteur s'essouffle et n'apporte plus grand-chose.
Qu'on se le dise, l'Opel Adam S est agréable et efficace à conduire, mais son moteur n'a rien d'un véritable bloc sportif ! Creux à bas régime, peu démonstratif dans les hauts régimes, il donne le meilleur de lui-même à mi-régime. Un caractère davantage orienté vers la souplesse et les reprises que vers les montées en régime rageuses.
Passons maintenant au châssis... et là, c'est une autre histoire !
On peut sans hésiter qualifier l'Adam S de véritable petit kart ! Son châssis est particulièrement réussi : elle enroule les virages avec très peu de roulis, reste bien campée sur ses appuis et inspire rapidement confiance. Son gabarit compact et son comportement dynamique donnent vraiment envie d'enchaîner les courbes.
Lors des démarrages musclés, les roues avant peuvent légèrement patiner, mais la motricité revient rapidement et la voiture s'élance avec vigueur grâce au couple disponible à mi-régime. La boîte est bien étagée, même si les rapports paraissent parfois un peu longs. Heureusement, le moteur compense par ses bonnes reprises autour de 3 000 tr/min.
C'est d'ailleurs l'un de ses points forts : les reprises sans avoir à rétrograder systématiquement. Une fois lancé en quatrième, il est tout à fait possible de ressortir d'un rond-point à 40 km/h et de reprendre franchement jusqu'à 90 km/h sans changer de rapport. Un vrai plaisir au quotidien !
En conclusion : un bon châssis, une boîte agréable, mais un moteur davantage « sport/ville » que véritablement sportif.
Si l'Adam S est votre première petite sportive, nul doute que vous apprécierez son agilité, ses reprises et son caractère attachant. En revanche, si vous avez déjà goûté à des sportives plus radicales, son moteur risque de vous laisser un peu sur votre faim. Trop creux en bas, pas assez rageur en haut, il manque de tempérament pour procurer de véritables sensations mécaniques.
Son fonctionnement reste typique d'un petit moteur turbo privilégiant le couple à mi-régime.
Au final, l'Adam S possède un châssis plus sportif que son moteur ! Une petite bombe d'agilité qui aurait mérité une mécanique un peu plus expressive pour devenir une véritable référence parmi les mini-GTI.